Lèche-vitrine

On court, on court, et on s’épuise en courant mais on ne s’arrête jamais. On se perd en courant, on s’égard dans la foule, on se tasse; comme les sardines au fond des boites de conserves. On n’est plus nous même envahi par les enseignes lumineuses colorées. Ces enseignes propriétaires de notre bonheur éphémère. On se vide les poches en premier, et puis vient le tour des provisions, on rase tout, tout ce qui nous a couté des jours interminables de labeur, de stress et d’énergie non renouvelable …
On est hypnotisé par des objets, manipulé par des média et torturé par des rédacteurs de scénarios marketing programmés; des professionnels, qui nous utilisent contre notre gré; pour atteindre leurs objectifs chiffrés, et être au sommet de l’affiche et gagner la première place sur le podium des ploutocrate ….
D’autre part nous, en s’épuisant à nous procurer des bien, qui nous ont couté la peau de la fesse; on a oublié que même en ayant cet actif on n’échappera pas aux amendes du sergent sadique de la ville, ni aux injures des rôdeurs sans lendemain, ni même aux vols des apaches qui n’auront aucune poursuites judiciaire, dans un monde régné par le voyeurisme… Nous affaiblis par les aléas de la ville du 21ème siècle, sourions à la publicité d’une boisson fermentée, réfractée sur notre miroir et croyons que c’est grace à elle qu’on va passer la meilleure des soirées … Nous, une fois notre capital de départ amorti, on nous a prescrit l’ordonnance du bonheur, celle qui nous fera tout dépasser, une capsule magique; fabriquée par des bras et des cerveaux aussi bien magiques que diaboliques; une gélule délicatement décorée qui nous envolera vers le 17ème ciel, au royaume d’Alice, au pays des merveilles… A vrai dire oui, oui on est parti au 21ème ciel, mais c’était seulement pour une durée limitée; et ce n’était pour rien d’autre que pour retomber d’encore plus haut, pour s’enfoncer davantage dans la routine; là où se perdent nos talents; et s’évadent nos passions; celle qui nous tue à feu doux… A s’enterrer dans un travail qui ne nous représente pas, dans le but d’arracher le célèbre billet vert, le glorieux de tous les temps, celui qui nous emprisonne dans un piège de rats…
Inspirée par: Happiness
Reemy

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